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Une autre manière de rouler ensemble : le co-voiturage |
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Partenaire officiel de la semaine de la mobilité, 123envoiture.com est un site de co-voiturage où se rencontrent conducteurs et passagers.
Jeune ingénieur spécialisé dans le conseil, Arnaud Sarfati est l'homme qui se cache derrière le premier site de co-voiturage de France, www.123envoiture.com , partenaire du ministère de l'Ecologie pour l'édition 2005 de la Semaine de la mobilité.
Ce terme encore méconnu en France recouvre une pratique qui consiste à partager une voiture lors d'un trajet plus ou moins long. Il vient du Canada où le co-voiturage est pratiqué depuis longtemps. En Allemagne, toutes les grandes villes possèdent une centrale de réservation téléphonique de co-voiturage ; en Angleterre, les expressions car sharing et car pulling sont usuelles ; quant à la Belgique, le co-voiturage va forcément y connaître un essor certain puisqu'une loi récente oblige les grandes entreprises à mettre en place des solutions de co-voiturage, explique Arnaud Sarfati. En France, la première grande éruption de co-voiturage date des grèves de 1995...
Pour tous les types de trajets
Le site compte déjà 27727 membres inscrits et 12946 trajets disponibles, assurant une combinaison maximale de correspondances. Ainsi, à chaque destination correspond forcément un conducteur ; à l'inverse, chaque automobiliste est assuré de "faire le plein". Tous les trajets sont envisageables, du déplacement de banlieue à banlieue pour se rendre quotidiennement à son travail, jusqu'aux grandes pérégrinations estivales qui mènent aux plages, à la montagne et aux festivals. En effet, Arnaud Sarfati se félicite de son partenariat avec Radio France et avec la plupart des festivals de musique en France et en Europe. Cette synergie permet à tous les mélomanes de se donner rendez-vous sur son site et, qui sait, de chanter à l'unisson en roulant vers Orange, Montpellier ou Sziget, le Woodstock hongrois.
Économies et plaisir de communiquer
Qu'est-ce qui peut motiver un conducteur à pratiquer le co-voiturage ? "Le conducteur économise de l'argent (par exemple, en région parisienne, les frais sont partagés selon une grille qui recoupe celle de la carte orange), crée un espace de convivialité dans sa voiture et lutte contre la pollution. En effet, il suffirait de réduire de 10 % le nombre de véhicules sur la chaussée pour supprimer les 200 km d'embouteillages qui engorgent chaque jour les voies rapides autour de Paris". Quant à la convivialité, c'est une évidence pour le créateur de 123envoiture.com : "Le conducteur seul dans sa voiture passe son temps à râler contre les embouteillages ; s'il prend le train, il ne parle pas aux autres passagers ; par contre, dans une voiture, on communique entre passagers. C'est ainsi !"
Vaincre les réticences
Néanmoins, les réticences sont nombreuses dès qu'il s'agit de changer nos sacro-saintes prérogatives d'automobilistes, au premier rang desquelles, la liberté ! De salons de la mobilité en conférences sur le co-voiturage, Arnaud Sarfati entend la même ritournelle : "Les automobilistes clament en chœur 'j'ai des horaires spéciaux', sans se rendre compte que nous avons tous des habitudes spécifiques mais que dans une base de plus de 15 000 trajets, il y en a forcément un qui correspond à vos attentes".
En revanche, il est une interrogation légitime sur la pratique du co-voiturage : quelle confiance peut-on accorder au conducteur et au(x) passager(s) ? Pleinement conscient de cet aspect du problème, Arnaud Sarfati invite les usagers de 123envoiture.com à certifier leur identité en communiquant leurs nom, adresse et numéro de téléphone. Ces conducteurs et ces passagers certifiés sont ensuite mis en avant sur son site.
Reste le problème de la responsabilité juridique en cas d'accident : c'est un vaste chantier où, Arnaud Sarfati le déplore, la jurisprudence fait défaut.
Ça marche aussi pour les entreprises
En ce moment, Arnaud Sarfati travaille sur son site de co-voiturage destiné aux entreprises, www.covoiturage-France.fr .
"Pour réduire les coûts de loyer, les grosses entreprises ont tendance à s'éloigner des stations de métro et de RER. Faciliter l'accès à leurs entreprises, en favorisant par exemple le co-voiturage, est une problématique essentielle pour les chefs d'entreprises".
Et le jeune ingénieur de donner un exemple : "À Colombes, une société de 4 000 salariés possède 2 000 places de parking monopolisées par ses salariés. Furieux, les clients ne trouvaient jamais de place et certains contrats ont tourné court pour cette raison. L'entreprise a donc loué d'autres emplacements à prix d'or. Il suffirait que 5 % des salariés pratiquent le co-voiturage pour régler le problème". Mais Arnaud Sarfati reconnaît que la problématique est plus complexe qu'il n'y paraît : "La solution passe obligatoirement par la mutualisation des besoins de mobilité entre plusieurs entreprises voisines, dans une même zone d'activité". Il reste à espérer que cette semaine 2005 de la mobilité, baptisée "Au travail autrement", contribuera à populariser cette pratique d'avenir. Et pas seulement pendant les grèves...
Par G. Rouzeau |
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