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Les voitures sans permis, des voitures comme les autres ? |
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Longtemps, les mini-voitures ont fait sourire avec leur look de boîte de conserve et leur moteur de mobylette. Aujourd'hui, il s'agit de voitures à part entière : performantes, sûres, esthétiques et, de surcroît, parfaitement adaptées au milieu urbain. Une solution qui séduit un nombre croissant de personnes en Europe.
Qu'est-ce qu'une voiture sans permis ?
Selon la législation européenne en vigueur, la voiture sans permis doit avoir un poids à vide n'excédant pas 350 kg, une vitesse ne dépassant pas les 45 km/h et être équipée d'un moteur d'une puissance de 4 kw (4,6 ch). La VSP est donc assimilée à un cyclomoteur à quatre roues, ce qui lui vaut cette nouvelle terminologie de "quadricycle léger à moteur". Depuis 1997, la Commission européenne a reconnu l'utilité sociale et la non-dangerosité de ce véhicule. Elle a également défini ses normes de constructions (ceinture de sécurité, composants, signalisation, freins) et incité les pays membres encore réticents à ouvrir leur marché. La législation liée à la conduite de ce type de véhicule diffère toutefois selon les pays. En France, il faut avoir 16 ans révolus pour conduire une VSP et le BSR (brevet de sécurité routière) option "quadricycle léger" pour tous les jeunes nés après le 1er janvier 1988. En Italie et en Espagne, les jeunes peuvent conduire ce type de véhicule dès 14 ans mais doivent passer un contrôle théorique axé sur le code de la route. En Allemagne, un permis S spécifique est requis pour la conduite d'une mini-voiture. Un projet de réglementation européenne est en cours.
300 000 mini-voitures en Europe :
Inventée en France dans les années 1970, la mini-voiture est aujourd'hui devenue une réalité européenne et son marché, une niche prometteuse, puisque l'on recense pas moins de 80 millions d'Européens sans permis ! Aujourd'hui, 30 000 véhicules neufs sont vendus en moyenne chaque année et le taux d'immatriculation a progressé de 25 % en Europe depuis 1993 (la barre des 10 000 immatriculations a été franchie en France en 2004). Avec les voitures d'occasion, 300 000 VSP circulent aujourd'hui en Europe, dont 140 000 en France, 42 000 en Italie et 39 000 en Espagne qui sont les 3 principaux foyers de croissance. Alors que l'Autriche et la Belgique sont devenues des marchés stables, l'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Russie s'apprêtent à ouvrir leur marché en 2005. La Finlande et la Suède, mais aussi, dans le long terme, la Roumanie, la Turquie et la Hongrie, constituent des marchés en développement.
Une poignée de constructeurs :
30 ans après avoir lancé le concept de la mini-voiture, les principaux fabricants demeurent majoritairement français. Aixam est ainsi leader du marché en Europe depuis 1987 avec 40 % de parts de marché et 14 000 unités vendues en 2004. Microcar, filiale du groupe Bénéteau, numéro un mondial de la construction de bateaux de plaisance, arrive ensuite avec une part de marché de 25% en France et de 23% en Europe. Suivent Simpa JDM, Ligier et Bellier. Avec un spectaculaire taux de croissance de 37,2% en 2003, le constructeur Chatenet, qui se présente comme la marque haut de gamme de la mini-voiture, a su conquérir une clientèle de jeunes citadins, notamment en Italie (à Rome et à Milan) où le constructeur exporte 70% de sa production. Les autres principaux constructeurs sont italiens (Tasso, Grecav, Casalini et Piaggio, leader européen des deux-roues motorisés), allemand (ATW) et néerlandais (V.B.I.).
Le véhicule le plus sûr du marché ?
La sécurité de la mini-voiture est supérieure à celle des voitures classiques du fait de sa faible énergie cinétique (rapport poids et vitesse) : en cas de collision, le poids réduit (350 kg) donne au véhicule une meilleure capacité d'absorption des chocs. Par ailleurs, les conducteurs de mini-voitures font de petits parcours, empruntent des petits axes routiers et, pour des distances plus longues, préparent soigneusement leur itinéraire. Les automobilistes, de leur côté, font davantage attention lorsqu'ils croisent ou doublent une mini-voiture. Statistiquement, la VSP est donc le véhicule le plus sûr avec 0,24 % d'accidents par an en France.
Quel est le profil type de l'utilisateur de VSP ?
La cible traditionnelle des mini-voitures, ce sont les personnes âgées (70% sont des hommes de plus de 50 ans) vivant dans des zones rurales et qui ont besoin de se déplacer sur de courtes distances afin de pallier la disparition des transports en commun. De nombreuses femmes titulaires du permis mais n'ayant jamais conduit ont également recours à une mini-voiture après le décès de leur mari, afin d'être autonomes. Le vieillissement de la population européenne explique donc largement, pour une bonne part, le développement de ce marché. Toutefois, du fait de sa petite taille (2,80 m de long), de sa facilité d'utilisation, de sa faible consommation et de sa vitesse maximale (45 km/h, la vitesse moyenne à Paris étant de 17 km/h), la mini-voiture s'est aussi révélée comme voiture urbaine par excellence. C'est pourquoi elle séduit un nombre croissant de jeunes de 16 à 18 ans (surtout en Italie et en Espagne). Jugeant le scooter et la moto trop dangereux, de nombreux parents orientent désormais leurs enfants vers la VSP, laquelle arbore un design de plus en plus dynamique et élancé à l'image du Barooder de Chatenet (voir plus loin). La mini-voiture est aussi une bonne initiation à la conduite ; elle permet aux jeunes de prendre conscience des risques et du fait que rouler plus vite n'est pas nécessaire en ville. Autre clientèle convertie à la VSP, les cadres urbains, majoritairement des femmes de 30 à 40 ans qui, par leur profession, ont besoin d'un véhicule pour être vraiment autonomes mais qui, par manque de temps et du fait de la difficulté croissante de l'obtention du permis de conduire, hésitent à le passer. Cette clientèle d'un haut niveau socioculturel est séduite par la liberté d'action et la simplicité qu'offre la VSP en ville. Elle découvre ce faisant le plaisir de la conduite et, au bout d'un ou deux ans, décide de passer le permis !
Nous avons testé la MC1 de Microcar, le Barooder et le Speedino de Chatenet :
Ces trois modèles sont particulièrement emblématiques de l'évolution prise par les mini-voitures ces dernières années. D'une part, leur simplicité d'utilisation (boîte automatique) permet d'aborder les rudiments de base de la conduite et de ressentir un vrai plaisir... D'autre part, leur confort, leur look et leur modernité font de ces "mini" des voitures à part entière !
La MC1 de Microcar Dotée d'un moteur Lombardini bi-cylindre diesel de 505 cm3 à 3000 tours minute et d'un châssis en aluminium très résistant, la nouvelle MC1 de Microcar atteint les 45 km/h dans un relatif confort sonore. Ses lignes extérieures sont fluides et harmonieuses et son habitacle spacieux. Les sièges individuels se règlent et offrent un bon maintien du dos. L'équipement est haut de gamme (glaces électriques avec commande à distance, fermeture centralisée, autoradio CD Laser, aide au stationnement, antibrouillard, possibilité de toit transparent) et le tableau de bord avec compteur digital n'a rien à envier à celui d'une voiture classique. La MC1 se conduit simplement et offre une belle visibilité. Le volume du coffre (800 litres) permet de faire des courses ou d'aller à la pêche le week-end ! Surtout, la MC1 possède un système de protection des passagers unique sur le marché des mini-voitures avec un support moteur absorbeur de choc (réduisant 5 fois la violence du choc à 45km/h), une ceinture de sécurité avec limiteur d'effort (diminuant les risques de blessures à la tête et à la poitrine) et un airbag conducteur. Une vraie petite citadine !
Le Barooder de Chatenet Lancée en 2003, cette mini-voiture est la plus grande du marché dans sa catégorie : 2950 mm de longueur, 1555 mm de largeur, 1450 mm de hauteur. Avec un design à la fois "cool" et "musclé", c'est le véhicule phare d'un constructeur qui, depuis 25 ans, s'efforce de conquérir un public jeune voulant acquérir une première expérience de conduite, en toute sécurité. Son moteur diesel à injection de 505 cm3 affiche une puissance maximale de 4 KW (5,4 CH) sans bruit excessif. La garde au sol est élevée et la plate-forme en acier electrozingué ; les freins AV sont équipés d'un disque de 212 mm de diamètre et le véhicule est également doté d'un limiteur de freins hydrauliques sur roues AR. Les pneus sont des Michelin et la suspension bénéficie d'amortisseurs double effets avec ressorts hélicoïdaux. Bref, une belle mécanique ! Le Barooder existe en 3 versions (B2, S2 et X2), le modèle haut de gamme étant équipé d'un système d'ouverture et de fermeture des glaces par télécommande, d'une précieuse caméra de recul pour l'aide au stationnement, d'un autoradio CD et d'un antibrouillard (important à la campagne).
Le Speedino de Chatenet : le charme d'un cabriolet Vraie petite bombe dans sa catégorie, le cabriolet Speedino de Chatenet est équipé d'un moteur essence à injection de 20 CV montant jusqu'à 100 km/h. Pour cette raison, ce modèle plus nerveux nécessite le permis B1 (le "petit permis"). Le plaisir de conduite est optimal et le design extérieur "mini roadster", très aérodynamique, fait de cette mini-voiture de moins de 3 m de longueur une partenaire idéale pour les vacances au bord de la mer. Avec un réservoir de 20 litres, elle bénéficie d'une autonomie de 400 km. S'agissant de la sécurité, le Speedino affiche un équipement très satisfaisant avec sa structure monocoque composite, son châssis acier électrozingué double face, son frein à disque av, sa ceinture de sécurité avec enrouleur et ses glaces sécurit. Le Speedino est un véritable succès actuellement en Italie où il est perçu comme un intermédiaire chic et sûr entre le scooter et la voiture classique.
Par E. Tresmontant / Via Michelin |
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