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Gazole : Le plein en supermarché ou pas ? |
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Les partisans des stations d’hypermarchés ont un argument imparable: ce sont les pétroliers qui livrent les Carrefour ou autres Auchan. Ceux qui ne jurent que par Shell, Total ou BP rétorquent que les additifs ajoutés à leur carburant garantissent une bien meilleure qualité. Ces derniers étant même censés optimiser le fonctionnement des nouveaux diesels aux pressions d’injection de plus en plus élevées et aux tolérances de fonctionnement -toujours plus ajustées. Un discours contredit par des experts et des équipementiers.
Démêler le vrai du faux Pour en avoir le cœur net, nous avons équipé un véhicule d’essai de tout l’appareillage permettant de connaître en temps réel sa consommation, tant instantanée que moyenne, ainsi que sa vitesse. Nous avons établi des relevés de consommation extrêmement précis. C’est ainsi que nous avons mesuré, pour chacun d’entre eux, les consommations ville, route et autoroute sur nos parcours de référence. Puis nous avons également établi deux autres relevés à -vitesse stabilisée sur le circuit de Montlhéry à 90 et 130 km/h. A cela s’ajoutaient les reprises entre 80 et 120 km/h sur les 4e, 5e et 6e rapports. Et, pour finir, une consommation en litres par heure au régime de ralenti. Pour alimenter notre Renault Laguna II 2.2 dCi à boîte manuelle, nous nous sommes approvisionnés dans quatre stations différentes en Ile-de-France : deux de marques de pétrolier (BP à Saint-Fargeaux-Ponthierry et Elf à Nangis) et deux de supermarchés (Champion à Melun et Carrefour à Villiers-en-Bière). Chaque carburant a été stocké dans un jerrycan flambant neuf, et un échantillon mis en flacon stérile et envoyé à un laboratoire spécialisé pour analyse.
Mesures de consommations et de performances Les différences que nous avons relevées à travers nos mesures ne sont pas négligeables. Ainsi, en consommation autoroute, la différence est de 20 centilitres aux 100 km, contre 30 cl/100 km en ville, grimpant à 40 cl/100 km en consommation route. Une différence que l’on retrouve également au régime de ralenti et qui n’est pas anodine puisque, en circulation urbaine, l’arrêt moteur tournant peut représenter jusqu’à 30 % de la -consommation d’essence et jusqu’à 20 % de celle de gazole pour un diesel. En ce qui concerne les bénéfices supposés des carburants de marque par rapport à ceux des supermarchés, la différence n’est pas flagrante. Bien sûr, au chapitre prix et sans surprise, les supermarchés sont les mieux placés à 0,930 €/l chez Carrefour et 0,933 €/l chez Champion, contre 0,970 €/l chez Elf et 1,005 €/l chez BP. En revanche, au chapitre -consommation et reprises, c’est moins tranché: le gazole BP prend la tête sur quatre de nos neuf critères, mais ceux de Champion et Elf aussi. Seul le Carrefour est à la traîne en ne “remportant” qu’une catégorie, mais il n’est jamais très loin des trois autres avec, par exemple, des chiffres très proches du gazole prélevé dans notre station Elf, alors que son prix le met sur la première marche du podium.
Le verdict du laboratoire Nous avons aussi demandé à un laboratoire spécialisé, l’Institut européen de surveillance prédictive des machines (existant depuis 1962 et anciennement connu sous le nom de ST2M) d’analyser la teneur en eau de nos carburants, ainsi que leur densité et leur éventuelle pollution ou contamination par des corps étrangers. Les échantillons prélevés étaient anonymes. La teneur en eau revêt une importance nouvelle: avec l’avènement des moteurs common rail et injecteurs pompes, les pressions d’injection ont fait un énorme bond en avant, passant de 150 bars sur les “vieux” diesels à 2000 bars et plus sur certains modèles. Liées à des séquençages d’injection qui peuvent atteindre sept injections par cylindre sur un cycle moteur, ces contraintes de temps, de pression et de finesse de pulvérisation expliquent l’extrême sensibilité de ces systèmes à la moindre goutte d’eau ou trace de pollution dans le gazole. Bonne nouvelle, nos quatre carburants sont conformes, avec des teneurs très inférieures à la norme de 200 ppm (parties par million). Même si entre le BP à 119 ppm et le Champion à 72 ppm la différence est notable. Autre mesure, la densité à 15 °C qui permet d’évaluer la quantité de produits légers ou lourds qui composent le gazole. Trop dense, il brûle moins bien qu’un autre plus léger. La bonne fourchette se situe entre 0,820 et 0,845 et nos quatre carburants restent dans ces limites. De même, pour les quatre produits, le laboratoire ne détecte pas de pollution solide ni d’anomalie de composition. Conclusion, nos quatre carburants sont bons pour le service.
Tous égaux ? Sur notre échantillonnage, la guerre des carburants fait long feu puisque, à des différences infinitésimales près, ils sont tous d’excellente qualité. Normal, car 80 % des carburants vendus en grande surface sont livrés par les compagnies pétrolières et que les 20 % restants, achetés la plupart du temps sur le marché libre de Rotterdam, doivent répondre à des critères de qualité définis au niveau européen. La seule différence en qualité de carburant distribué à la pompe est liée à la surveillance et à l’entretien des cuves afin d’éviter toute pollution et une trop forte teneur en eau. Finalement, les différences de qualité se font plus au niveau des responsables des cuves qu’entre les carburants. Avec un fort débit et des remplissages plus fréquents en hyper et supermarché, il peut arriver qu’une cuve ne soit pas encore stabilisée après avoir été remplie et remise trop vite en service. De fait, contrairement aux stations de pétroliers, on ne voit jamais une station de grande distribution mettre des pompes “hors service” pour cause de remplissage. Nicolas Le françois (12-2004)
Article d’Auto-Moto .com
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